Le jeu de construction d’avenirs partagés

Il ya quelque chose qui m`arrive quand je joue à un jeu, et ça nous arrive à tous quand nous jouons. Le sport, celui qui se passe dans les cours du quartier, nous émeut, nous touche. La raison est simple: il est inévitable d'en apprendre sur moi même et sur mes relations avec les autres et d'exercer ma capacité de faire quelque chose à partir d'un «nous». Allons à la cour? Allons-y?
Comme la vie elle-même, la seule façon d'apprendre à jouer, c’est de jouer. Toute la théorie disparaît, les préjugés et les craintes progressivement se lavent en jouant, et nous commençons à bouger le muscle en nous disant: «voici ce que je suis en ce moment», et nous ressentons le plaisir d'être avec autrui et de permettre un jeu entre tous. Et ici il n'y a pas comment fuir à un simple constat: ce sont les gens qui détiennent le jeu, ceux qui choisissent à chaque action continuer à jouer. Ceci est puissant, pour construire l'avenir.
Le Football et ses variations, ne fait pas de distinction d'âge, de ton de voix, de tonalité de peau, ou des lieux, ni même de tailles. Jouer au ballon, nous mène à construire un espace «CO». Un espace pour la conversation, la coopération, la concentration, l'interaction, un espace complet, de connexion, pour mettre en action notre capacité de partager le même jeu. Qui pourrait savoir ce qu’une simple balle peut provoquer sur les filles et les garçons du monde? Que ce soit une balle en chaussette ou un ballon règlementaire, la balle génère le contexte pour créer ensemble. Le football est comme ça, il nous donne la permission de nous détacher des paradigmes avec lesquels nous nous limitons, et voyager dans un espace co-créé qui nous invite à la conversation. Les "je ne peux pas», les «je sais», et les «moi-même», et autres plaies de l'âme qui font un miroir de la condition d'une communauté, se fanent avec le plaisir d’apprendre à taper la balle et la passer. C'est le pouvoir de se mettre d`accord sur un objectif commun.
Pour les personnes qui entrent dans le terrain, certain plus, d'autres moins, il est logique de se mettre d'accord, de fixer des règles que l`on choisi suivre. Vous vous rendez compte des implications d'apprendre à créer des règles et les suivre par propre choix? Nous devenons concitoyens, chers collègues, non pas pour taper dans un ballon, mais pour choisir de le faire d'une façon et pas d’ une autre. C'est dire, jouons au football, pas au basketball ou au baseball. C'est parce que nous sommes homo ludens (humains qui jouent) que nous sommes devenus homo sapiens (humains qui pensent). Ce que nous ressentons lorsque nous apprenons à jouer en jouant, sans aucun doute nous conduit à apprendre à appartenir.
Quand on joue à jouer, nous nous entraînons à être ce que nous voulons être, avec les autres. C'est le terrain, le même nombre de personnes de chaque côté, une balle et non 2 ou 3, etc. Des règles claires, dites à voix haute. Je sais comment jouer ensuite. Mettre le ballon dans l'autre arc vaut un point. Je sais comment gagner entre tous. Suivre les règles et un but commun, s`incorpore progressivement à ce que nous sommes à mesure que nous faisons. Et cela transcende le terrain, nous l`intégrons dans ce que nous faisons dans le monde.
Jouer sérieusement dans le terrain ou hors du terrain, nous transforme en actifs et conscients contributeurs d`un monde où il vaut la peine vivre. Celui qui apprend à jouer, avec ou sans le ballon, que ce soit de façon pensée ou intuitive, par ses actions reconnaît que la véritable compétence soutient notre capacité d'apprendre et de communiquer avec les autres et avec soi-même. C'est le jeu de la vie. Il est clair que l'affection que dédions au football, est le reflet de l'affection que nous dédions à la vie communautaire. Jouons, ensemble.
Écrit par David Rojas Elbirt, www.orggames.com
Crédit photo: Eli Sinkus
