Un journal pas comme les autres !
Enseignant de français à l'école Nikanik, je devais trouver une situation d'écriture qui permettait aux élèves de pouvoir travailler plusieurs compétences à la fois. L'idée de leur faire écrire un article de journal m'a semblé une excellente façon de combiner leurs habiletés sociales en plus des compétences linguistiques. Voici les étapes :
- En groupe, nous avons identifié quelles sont les personnes présentes dans la communauté que nous pourrions interviewer. Les élèves devaient ensuite composer leur questionnaire et le faire valider par l’enseignant. Les jeunes devaient prendre rendez-vous avec la personne choisie pour l'entrevue.Suite à l’entrevue vient la rédaction de l’article en soi.Finalement, lorsque tous les articles étaient rédigés et corrigés, il ne restait plus qu’à imprimer le tout, boudiner les journaux et en faire la distribution ! Nous avons laissé des exemplaires dans toutes les places publiques de la communauté.
La première année du projet, le résultat final était un colligé d’articles avec une page couverture. Lors de la 2ème année, j’ai voulu améliorer notre produit ; je me suis dit qu’il était sûrement possible d'y vendre des espaces publicitaires. J’ai donc contacté les entreprises de la communauté, qui ont répondu en nous achetant de l'espace. Les fonds ainsi amassés permirent de financer une partie du voyage de fin d’année pour les élèves de l’école. Par la suite, nous avons amélioré l’aspect visuel du journal en ajoutant des photos en lien avec l’entrevue.
La 3ème et la 4ème année, j’ai élargi la sollicitation et j’ai offert gratuitement des espaces publicitaires auprès des organismes locaux afin qu’ils puissent effectuer de la sensibilisation (leur mandat, événements spéciaux, etc.). Les élèves ont également écrit au Ministre responsable des Affaires autochtones afin de lui demander d’être Président d’honneur, ce qu’il a accepté.
En quatre années, près de 1000 copies du journal ont été distribuées gratuitement, et plusieurs exemplaires se sont retrouvés dans d’autres communautés autochtones. Plus de cinquante articles ont été écris sur l’actualité et les nouveaux projets de la communauté, la culture Atikamekw, la promotion des métiers et la prévention des problèmes sociaux.
En quoi ce projet a-t-il permis de dynamiser l’école et les élèves ? Cela a permis à plusieurs jeunes d’établir leur premier contact avec le monde politique. D’autres ont découvert des professions qu’ils ne connaissaient pas, et cela a même orienté le choix de carrière de certains. Dans tous les cas, cela a permis à ces jeunes journalistes d’apprendre à mieux connaître les personnes influentes de Wemotaci, ainsi que leur cheminement et leur responsabilité. Un de mes élèves de 18 ans s’est dit prêt à donner de son temps en adhérant au Comité habitation. Il y aurait de nombreux autres avantages pour les élèves à nommer, mais l’espace me manque ! Dans la communauté, le journal a permis d’informer sur des sujets difficiles d’accès pour la population. Par exemple, nous avons pu obtenir des informations sur les budgets alors que le Conseil de bande de l’époque était critiqué pour son manque de transparence. Nous avons conscientisé la population sur le recul des négociations afin d’obtenir le financement nécessaire à la rénovation et l’agrandissement de l’école primaire. Nous avons incité des personnes à suivre des formations en leur expliquant le contenu, les avantages, les dates d’inscription, etc. Nous avons permis aux lecteurs d’être mieux informés et d’ainsi former des liens entre leur capacité d’action et les problèmes qu’ils peuvent combattre.
Tout cela, en plus de la fierté des élèves à avoir participé à un ouvrage collectif, de celle des parents qui pouvaient faire lire aux autres le travail de leur enfant, sans compter le financement pour le voyage d’école, le rapprochement entre les élus et la population, la promotion des services offerts aux gens d’ici, la valorisation de la formation et autres.
A propos de vous
A propos de vous
Prénom
David
Nom
Lefebvre
Confirmez un nom d'utilisateur qui sera rendu public pour identifier votre soumission
École_Nikanik
Un mot sur vous-même, votre groupe ou votre organisme
Nom
École Nikanik
URL du site Web
Pays
Canada, QC
Veuillez confirmer que cette idée ou projet pourrait servir les intérêts des autochtones des Premières Nations, Métis et Inuits.
Oui
URL Twitter
URL Facebook
URL du canal You-Tube
Quelles catégories décrivent le mieux le public auquel s'adresse votre groupe ou organisme ?
Autochtones des Premières Nations.
Qu'est-ce qui décrit le mieux votre groupe ou organisme ?
Établissement d'enseignement primaire ou secondaire.
Depuis combien de temps votre groupe/organisme est-il actif ?
Plus 5 années
Innovation
Intitulez votre soumission
Un journal pas comme les autres !
Racontez-nous l'histoire de votre idée ou projet
Enseignant de français à l'école Nikanik, je devais trouver une situation d'écriture qui permettait aux élèves de pouvoir travailler plusieurs compétences à la fois. L'idée de leur faire écrire un article de journal m'a semblé une excellente façon de combiner leurs habiletés sociales en plus des compétences linguistiques. Voici les étapes :
- En groupe, nous avons identifié quelles sont les personnes présentes dans la communauté que nous pourrions interviewer. Les élèves devaient ensuite composer leur questionnaire et le faire valider par l’enseignant. Les jeunes devaient prendre rendez-vous avec la personne choisie pour l'entrevue.Suite à l’entrevue vient la rédaction de l’article en soi.Finalement, lorsque tous les articles étaient rédigés et corrigés, il ne restait plus qu’à imprimer le tout, boudiner les journaux et en faire la distribution ! Nous avons laissé des exemplaires dans toutes les places publiques de la communauté.
La première année du projet, le résultat final était un colligé d’articles avec une page couverture. Lors de la 2ème année, j’ai voulu améliorer notre produit ; je me suis dit qu’il était sûrement possible d'y vendre des espaces publicitaires. J’ai donc contacté les entreprises de la communauté, qui ont répondu en nous achetant de l'espace. Les fonds ainsi amassés permirent de financer une partie du voyage de fin d’année pour les élèves de l’école. Par la suite, nous avons amélioré l’aspect visuel du journal en ajoutant des photos en lien avec l’entrevue.
La 3ème et la 4ème année, j’ai élargi la sollicitation et j’ai offert gratuitement des espaces publicitaires auprès des organismes locaux afin qu’ils puissent effectuer de la sensibilisation (leur mandat, événements spéciaux, etc.). Les élèves ont également écrit au Ministre responsable des Affaires autochtones afin de lui demander d’être Président d’honneur, ce qu’il a accepté.
En quatre années, près de 1000 copies du journal ont été distribuées gratuitement, et plusieurs exemplaires se sont retrouvés dans d’autres communautés autochtones. Plus de cinquante articles ont été écris sur l’actualité et les nouveaux projets de la communauté, la culture Atikamekw, la promotion des métiers et la prévention des problèmes sociaux.
En quoi ce projet a-t-il permis de dynamiser l’école et les élèves ? Cela a permis à plusieurs jeunes d’établir leur premier contact avec le monde politique. D’autres ont découvert des professions qu’ils ne connaissaient pas, et cela a même orienté le choix de carrière de certains. Dans tous les cas, cela a permis à ces jeunes journalistes d’apprendre à mieux connaître les personnes influentes de Wemotaci, ainsi que leur cheminement et leur responsabilité. Un de mes élèves de 18 ans s’est dit prêt à donner de son temps en adhérant au Comité habitation. Il y aurait de nombreux autres avantages pour les élèves à nommer, mais l’espace me manque ! Dans la communauté, le journal a permis d’informer sur des sujets difficiles d’accès pour la population. Par exemple, nous avons pu obtenir des informations sur les budgets alors que le Conseil de bande de l’époque était critiqué pour son manque de transparence. Nous avons conscientisé la population sur le recul des négociations afin d’obtenir le financement nécessaire à la rénovation et l’agrandissement de l’école primaire. Nous avons incité des personnes à suivre des formations en leur expliquant le contenu, les avantages, les dates d’inscription, etc. Nous avons permis aux lecteurs d’être mieux informés et d’ainsi former des liens entre leur capacité d’action et les problèmes qu’ils peuvent combattre.
Tout cela, en plus de la fierté des élèves à avoir participé à un ouvrage collectif, de celle des parents qui pouvaient faire lire aux autres le travail de leur enfant, sans compter le financement pour le voyage d’école, le rapprochement entre les élus et la population, la promotion des services offerts aux gens d’ici, la valorisation de la formation et autres.
Parlez-nous de votre idée ou projet en une ou deux phrases.
Création d'un journal destiné à la communauté, rédigé par les élèves du deuxième cycle de l'école.
Sélectionnez la phase qui s'applique le mieux à votre solution
En place (le projet est en place depuis quelque temps, a pris de l'expansion et vous savez qu'il fait une différence)
Impact social
This Entry is about (Issues)
Veuillez nous parler de l'impact social de votre idée ou projet.
Je crois que ce type de projet permet à l'élève d'entrer en action, de faire des liens entre ses apprentissages et de développer ses compétences dans plusieurs domaines différents. L'élève est responsable de son apprentissage, qui est en lien direct avec les efforts qu'il fournit. De plus, lors de la parution du journal, il doit être en mesure de répondre aux questions de ses lecteurs. Socialement, cela peut briser l'isolement de certains jeunes et rehausser leur estime personnelle de par la reconnaissance des autres à l'égard de leur travail. Cela permet à nos jeunes de varier leurs intérêts, de rencontrer de nouvelles personnes, d'apprendre à résumer ses idées et celles des autres, de présenter logiquement des faits et de faire preuve d'esprit critique.
Vos futurs objectifs : Identifiez les objectifs que vous espérez avec votre idée ou projet atteindre d'ici l'année prochaine
Faire connaître ce type de projets afin que davantage de communautés s'y intéresse.
Dans 5 ans, quelle différence aura apporté votre idée ou projet ?
Pour les élèves ayant opté pour une carrière en lien avec les entrevues qu'ils ont effectuées, ce projet aura fait une grande différence dans leur vie puisque leur formation et leur futur travail sont en lien direct avec le projet. Certains jeunes voudront s'impliquer politiquement, et n'auront plus peur de poser des questions à des personnes en charge ou en autorité.
Mais pour bien répondre à cette question, je me permets de vous en poser une : comment évaluer toutes les retombées qu'auront les acquisitions de compétences sur un être humain ? La fierté, la confiance en soi, le souci de l'éthique, l'organisation ; ces gains nous suivent et nous transforment, ils changent nos vies et celles de ceux avec qui nous sommes en relation !
Viabilité
Parlez-nous des personnes / partenaires déjà impliqués dans votre idée ou projet, et dites-nous pourquoi ils sont importants pour votre réussite.
L'implication de l'école à titre de mécène est très importante pour couvrir les frais d'imprimerie. Les partenaires d'affaires permettent de recueillir des fonds par la vente de publicités. Les entreprises locales agissent en tant que distributeurs. Les personnes interviewées sont le coeur du projet sans qui le journal n'aurait pas de raison d'être. Les élèves sont indispensables, bien entendu, puisque le projet est d'abord pour eux une façon d'apprendre autrement que dans une salle de classe.
Existe-t-il d'autres personnes / partenaires qui jouent un rôle important dans votre idée ou projet et pourquoi.
Décrivez le type de soutien que vous recevez (autre que financier) ou dont vous auriez besoin pour votre idée ou projet (par ex., dons, espace, équipements, bénévoles)
Soutien de l'école (imprimerie).
Votre idée ou projet est-il/elle financé(e) à l'heure actuelle ?
Oui (répondre aux deux questions suivantes)
| Fichier attaché | Taille |
|---|---|
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| photo_314530_resize.jpg | 44.08 Ko |
| photo_314531_resize.jpg | 52.49 Ko |
| 24 weeks agoMarc Saindon said: Comme vous êtes un enseignant très impliqué, j'ai parlé de vous à Mathieu Côté-Desjardins, du mouvement La Déséducation, dont le site ... about this Competition Entry. - lire plus > | |
| 25 weeks agoDavid Lefebvre said: Votre suggestion n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd ! Je vais transmettre l'information à l'enseignante responsable du journal ... about this Competition Entry. - lire plus > | |
| 25 weeks agoMarc Saindon said: Re-bonjour, Je suis membre d'un groupe de jeunes de 18 à 35 ans qui s'appelle Génération d'Idées (GEDI). On cherche à donner une voix à ... about this Competition Entry. - lire plus > | |
| 27 weeks agoDavid Lefebvre said: Merci de vos bons commentaires ! J'ai toujours pensé que les projets peuvent très bien se greffer à la matière académique. C'est ... about this Competition Entry. - lire plus > | |
| 27 weeks agoMarc Saindon said: Je vois que vous avez plusieurs projets (journée carrières, journée des arts) à l'école Nikanik, alors je suis bien content de voir que ... about this Competition Entry. - lire plus > | |
| 27 weeks agoDavid Lefebvre updated this Competition Entry. | |
| 27 weeks agoDavid Lefebvre updated this Competition Entry. | |
| 27 weeks agoDavid Lefebvre submitted this idea. |
