Les jeunes proposent des solutions aux problèmes de santé les plus pressants du Canada

Les jeunes proposent des solutions aux problèmes de santé les plus pressants du Canada

Portrait de Marzena Zukowska

 

Environ le tiers des enfants canadiens souffrent d’embonpoint ou sont obèses, et seulement 4,4 % des enfants font la quantité d’activité physique recommandée. 

De façon générale, l’inactivité physique et la mauvaise alimentation menacent la santé des Canadiens, car ces facteurs favorisent le développement de graves maladies chroniques comme le diabète de type II, l’hypertension et certains types de cancer.

Mais COMPASS a une solution! Plutôt que de créer un seul modèle pour tous, COMPASS propose d’aider quelque 50 000 élèves à élaborer et à évaluer leurs propres solutions aux problèmes d’obésité, de sédentarité, de mauvaise alimentation et de consommation d’alcool ou de drogues chez les jeunes. Le programme COMPASS est l’un des lauréats dans la catégorie des candidatures anticipées du défi Jeu d’échange. Mais de quelle manière exactement le programme entend-il obtenir ces résultats? Le fondateur de COMPASS, Scott Leatherdale, nous brosse un portrait complet du programme.

 

Changemakers : Comment savez-vous reconnaître les interventions vraiment efficaces auprès des jeunes pour prévenir l’intimidation, la mauvaise alimentation ou la consommation de drogues, d’alcool ou de tabac?

Scott Leatherdale : Nous recueillons des données pratiques qui montrent quels programmes et quelles politiques sont les plus efficaces pour dissuader les jeunes d’adopter des comportements nuisibles pour la santé, comme la consommation d’alcool, de tabac ou de marijuana. Nous cherchons par exemple à savoir quelles politiques devraient être mises en place dans les écoles pour empêcher les jeunes d’avoir de mauvaises habitudes alimentaires, d’être sédentaires ou de faire de l’intimidation.


Changemakers : Mais ces données n’ont-elles pas déjà été compilées et présentées?

Scott Leatherdale : Il est vrai qu’une quantité appréciable de recherches ont été menées sur les programmes en milieu scolaire. Cependant, personne ne sait vraiment quelles interventions sont efficaces auprès des différents types d’élèves. Je voulais élaborer un système simple qui permette aux écoles de bien cerner les interventions donnant de bons résultats et d’identifier les jeunes ayant le plus de chances d’en bénéficier. COMPASS fournit aux intervenants des données probantes pertinentes dans le but d’améliorer l’efficacité des programmes offerts en milieu scolaire.

 

Changemakers : Vous avez donc innové avec COMPASS?

Scott Leatherdale : COMPASS est la première plateforme du genre à l’échelle internationale qui crée les ressources nécessaires pour mener des recherches et des évaluations exhaustives et qui propose un système d’échange de connaissances basé sur une approche globale pour la mise en œuvre d’initiatives de prévention en milieu scolaire. COMPASS utilise un plan d’étude rigoureux pour évaluer les liens entre, d’une part, les changements apportés aux programmes, aux politiques ou à l’environnement bâti en milieu scolaire et, d’autre part, les changements observés au fil des ans dans les multiples comportements liés à la santé et les résultats sur la santé chez les jeunes.

COMPASS facilite également le transfert et l’échange de connaissances, en fournissant chaque année des outils personnalisés d’échange de connaissances de même que l’accès à un courtier du savoir. Ainsi, toutes les écoles participantes peuvent trouver des ressources de prévention appropriées. Bien qu’avec du recul cette approche semble simple et directe, personne jusqu’ici n’avait élaboré ou mis en œuvre un système aussi exhaustif.

 


Changemakers : À quoi peut-on s’attendre au Canada au cours des années à venir, en termes de vie saine et active? Quelles sont les tendances qui se dessinent?

Scott Leatherdale : Si j’avais à faire des prévisions, elles seraient plutôt sombres. Je m’attends en effet à ce que la pratique de l’activité physique continue de reculer chez les jeunes, alors que notre société se tourne de plus en plus vers les technologies. Cependant, je crois également qu’il y aura des groupes de jeunes, ou des communautés, où la situation sera différente. Il sera donc crucial d’apprendre de ces populations et communautés, afin de déterminer les meilleurs moyens d’intervenir et d’avancer.

 

Changemakers : Quelle stratégie proposez-vous à cette fin? Quels seront les principaux acteurs du changement?

Scott Leatherdale : Les administrateurs principaux des écoles (notamment les directeurs et directeurs adjoints) constituent notre auditoire cible. Les écoles qui semblent réussir le mieux à promouvoir la santé chez les jeunes sont les établissements dont les administrateurs principaux sont des champions du changement.

 

Changemakers : Que pourriez-vous dire à des investisseurs potentiels pour les convaincre que l’argent octroyé à COMPASS pourrait réellement changer les choses?

Scott Leatherdale : Je leur recommanderais de financer certains étudiants diplômés qui travaillent avec moi au programme COMPASS. Il n’y a en effet pas suffisamment de chercheurs de talent qui travaillent à ce type de recherches appliquées au Canada.

En investissant dans la formation de la prochaine génération de chercheurs dans le domaine de la recherche appliquée, nous pourrons accroître rapidement et considérablement nos capacités à l’échelle nationale. Cela signifie que nous pourrons atteindre un plus grand nombre d’écoles et de jeunes et, donc, que notre impact sera plus grand.

 


Changemakers : Comment en êtes-vous venu à faire ce genre de travail?

Scott Leatherdale : Je travaille dans une faculté qui accorde une très grande importance à la recherche appliquée et qui incite les chercheurs à s’attaquer aux grands enjeux de notre époque. J’ai choisi de consacrer ma carrière à la promotion de la santé des jeunes Canadiens.

 

Changemakers : Qu’advient-il de l’élève type qui s’inscrit à votre programme?

Scott Leatherdale : À la fin de ses études secondaires, cet élève aura non seulement acquis une excellente éducation, mais il aura également adopté un mode de vie plus sain qu’au moment de son inscription au programme.

 

Changemakers : Que ferez-vous avec le prix qui vous sera remis à titre de lauréat dans la catégorie des candidatures anticipées? Quel impact cela aura-t-il?

Scott Leatherdale : J’ai l’intention d’utiliser cette somme pour financer certaines activités d’application des connaissances associées à COMPASS (c.-à-d. parler avec les intervenants en milieu scolaire, élaborer de nouveaux mécanismes de communication afin que les résultats des études se traduisent en mesures concrètes, etc.). J’espère que cela aura un impact réel, en me permettant de communiquer plus efficacement et rapidement les décisions judicieuses concernant les programmes.

 

Note de la rédaction : C’est avec grand plaisir que Jeu d’échange annonce les trois lauréats dans la catégorie des candidatures anticipées! Pour en apprendre davantage sur les solutions novatrices proposées par COMPASS, Trottibus et Femme and the Forest et pour savoir comment participer, visitez dès maintenant le site www.jeudechange.ca!

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