Marcher à l’école pour créer une culture de vie active chez les enfants

Marcher à l’école pour créer une culture de vie active chez les enfants

Portrait de Marzena Zukowska

 

Alors que le taux d’obésité augmente chez les enfants, les enfants canadiens risquent de plus en plus de développer de graves maladies chroniques comme le diabète de type II, l’hypertension et certains types de cancer.

Même si les défis semblent immenses, les meilleures solutions sont parfois les plus simples. Le programme Trottibus est également l’un Jeu d’échange!

Les trajets sont sûrs, supervisés par des bénévoles et amusants pour les enfants. « Nous développons nos muscles et nous pouvons parler avec nos amis en marchant », disent Raphaël et Julia, deux enfants ayant participé au programme. Alors comment, au juste, le programme Trottibus arrive-t-il à créer une culture de vie saine chez les enfants du Québec? Geneviève Le Gruiec-Durocher nous l’explique dans le détail :      

 

Changemakers : Comment avez-vous trouvé l’idée du Trottibus?

Geneviève Le Gruiec-Durocher: En 2009, le département de la Prévention du cancer et de la promotion de la santé de la SCC fut mandaté pour mettre sur pied un projet mobilisant à caractère bénévole. Une revue de littérature a permis de ressortir le service d'autobus pédestre comme un excellent moyen de faire bouger davantage les jeunes enfants. Pour la SCC, cela représentait aussi une façon originale et efficace de favoriser le mode de vie physiquement actif et de poursuivre ainsi sa mission de réduire la prévalence du cancer. Grâce aux Fonds pour la promotion des saines habitudes de vie (maintenant Québec en forme) et plusieurs partenaires, le Trottibus a pu démarrer dans trois écoles pilotes du Québec.

 

Changemakers : Comment le Trottibus favorise-t-il de saines habitudes de vie pour les enfants?

Le Gruiec-Durocher: Le transport actif contribue de façon importante à l’adoption d’un mode de vie physique actif ; le Trottibus s’avère un excellent moyen d’y parvenir. Les résultats d’un sondage réalisé par une firme externe auprès de parents de Trottineurs démontrent son impact positif sur les habitudes liées au transport ; «Au-delà de l’appréciation de l’expérience et des nombreux bénéfices associés aux Trottibus, il importe de retenir que les trois quarts ou plus jugent que la participation au Trottibus a contribué à améliorer les perceptions et/ou comportements de la famille en matière de transport actif ».

 

Changemakers: Pourriez-vous expliquer comment le contexte local, les besoins spécifiques et l’histoire de la population ont influencé le développement de votre organisation et son approche?

Le Gruiec-Durocher: La SCC lutte contre le cancer depuis plus de 75 ans ! D’abord pour venir en aide aux personnes touchées par le cancer, elle a aussi orienté ses actions en recherche, en dépistage et en prévention du cancer. Grâce au travail acharné de la SCC, de ses 30 000 bénévoles et de ses partenaires, de plus en plus de personnes bénéficient de nouveaux traitements et survivent au cancer. Sachant qu’environ 50% des cancers pourraient être prévenus par de saines habitudes de vie et des politiques publiques, la SCC déploie de plus en plus d’activités préventives, dont le Trottibus.

 

Changemakers: Comment parvenez-vous à convaincre les parents et les enfants de participer au Trottibus?

Le Gruiec-Durocher: Il est assez facile de les convaincre qu’ils découvrent que grâce au Trottibus, les enfants se déplacent de façon sécuritaire entre la maison et l’école, sont plus actifs physiquement, sont  heureux de marcher avec leurs amis ou de s’en faire de nouveaux, développent un sentiment d’appartenance à un groupe et sont plus concentrés à l’école. Le fait que la circulation soit réduite autour de l’école s’avère également un excellent argument de vente auprès de tous.

 

Changemakers : Pourriez-vous décrire le ressenti des enfants et des parents qui participent au programme?

Le Gruiec-Durocher: Voici quelques témoignages qui illustrent l’appréciation des participants.

« Les enfants sortent de la maison et se joignent aux bénévoles qui sont clairement identifiés par le dossard et ils sont fiers de venir à l’école en marchant. » Marc Langevin, enseignant en éducation physique et à la santé.

« C’est super pour les enfants puisqu’ils font de l’exercice physique et ils arrivent à l’école concentrés. » Paula, maman d’enfants inscrits au Trottibus - lors d’une entrevue avec Dominic Brassard de l’émission Culture physique à la radio de Radio-Canada

« Ça nous fait beaucoup de muscles dans les jambes et puis on peut parler avec nos amis. » Raphaël et Julia, enfants participant au Trottibus

 

Changemakers : Quel est le défi principal auquel vous êtes confronté pour faire fonctionner Trottibus?

Le Gruiec-Durocher: Le défi actuel réside principalement à trouver du financement pour continuer à offrir le service gratuitement aux écoles. Bien que le recrutement de bénévoles puisse représenter un défi, plusieurs moyens sont disponibles pour y faire face.

 

Changemakers : Si un investisseur vous approchait par intérêt pour votre projet, quels aspects de votre modèle partageriez-vous avec lui pour le convaincre de financer votre projet ?

Le Gruiec-Durocher: Une des grandes forces du Trottibus est la mobilisation d’une communauté autour d’un projet rassembleur visant à améliorer la santé et la qualité de vie des jeunes et des moins jeunes.  Un commanditaire qui financerait le Trottibus s’associerait par le fait même à un organisme national jouissant d’une importante notoriété et d’une grande crédibilité, ce qui ne pourrait qu’être favorable à son image. Il ferait preuve d’une volonté de contribuer à réduire la prévalence du cancer chez les québécois dès le jeune âge et aider la SCC à sauver plus de vies. Enfin, il jouirait d’une importante visibilité puisque grâce à son originalité et aux sourires des enfants trottineurs, le Trottibus attire plusieurs médias lorsque des événements sont organisés.

 

Changemakers: Quelles sont les tendances que vous prévoyez en matière de saines habitudes de vie au Canada? Que peut-on attendre dans les prochaines années? 

Le Gruiec-Durocher: Les canadiens sont de plus en plus informés sur ce qui peut contribuer à maintenir ou à améliorer leur santé. Plusieurs sont déjà passés à l’action, mais il reste beaucoup de travail à faire pour freiner et renverser l’augmentation des taux d’obésité et de toutes les maladies qui y sont reliées, comme le cancer.  Nous croyons que dans les prochaines années, les communautés, les entreprises et les familles se mobiliseront pour améliorer la qualité des aliments offerts partout au Canada et faciliter l’accès à un mode de vie physiquement actif. Le Trottibus est un bon exemple de mobilisation.

 

Changemakers : Comment utiliserez-vous le prix que vous avez reçu ? Quel impact cela aura-t-il sur le projet ?

Le Gruiec-Durocher: Grâce à l’obtention de ce prix, nous poursuivrons nos démarches d’évaluation du Trottibus. Il est important pour nous d’évaluer régulièrement nos pratiques afin de s’assurer que nous répondons de façon adéquate aux besoins des familles et des écoles et de s’ajuster selon les constats que nous en tirons.

 

Note de la rédaction : C’est avec grand plaisir que Jeu d’échange annonce les trois lauréats dans la catégorie des candidatures anticipées! Pour en apprendre davantage sur les solutions novatrices proposées par COMPASS, Trottibus et Forest and the Femme, et pour savoir comment participer, visitez dès maintenant le site www.jeudechange.ca!

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