Ville de résidence
Thiès
Pays de résidence
Sénégal
Nom de votre structure ou initiative
Filet Vert — terrains de volley-ball recyclés, verts et gratuits
Quel est votre rôle au sein de l’initiative ?
Fondateur et coordinateur. Président de la section volley-ball de l'École Polytechnique de Thiès (EPT), que j'ai relancée en 2025, je pilote la conception des terrains, les partenariats et le suivi d'impact.
Dans quelle catégorie vous reconnaissez-vous ?
Porteur de projet / jeune leader, élève ingénieur et responsable de club sportif.
Quel problème concret lié au sport votre initiative cherche-t-elle à résoudre ?
Au Sénégal, les jeunes, et surtout les filles, n'ont presque aucun terrain de volley-ball sûr, gratuit et proche de chez eux. Même l'élite s'entraîne avec les moyens du bord. Dans le même temps, le plastique envahit nos villes alors qu'il pourrait servir à construire ces terrains.
Décrivez le problème, ses causes principales et pourquoi il est important de le résoudre.
Le volley-ball est un sport idéal pour l'inclusion : il demande peu de matériel, se joue en mixte et sans contact. Beaucoup de parents laissent donc plus volontiers leurs filles le pratiquer. Pourtant, il manque cruellement d'infrastructures. Trois causes principales : 1. Peu d'investissement hors football/basketball : les terrains de proximité et les budgets vont d'abord aux sports les plus médiatisés. 2. Des espaces existants mal aménagés : cours d'école et terrains vagues sans sol adapté, sans filet fixe, sans entretien. 3. Une pollution plastique non valorisée : le Sénégal produit plus de 250 000 tonnes de déchets plastiques par an, dont la moitié à Dakar (APS, d'après la Banque mondiale). Une estimation officielle plus ancienne indiquait que seules 8 000 tonnes sur 193 000 étaient recyclées (SenePlus/APS, 2018). C'est urgent : sans lieu de pratique, les talents féminins abandonnent, les jeunes perdent un espace de santé et de lien social, et l'élan des JOJ Dakar 2026 risque de retomber dès la fin des Jeux.
Qui sont les personnes ou communautés directement affectées par ce problème ?
• Les jeunes de 8 à 30 ans, élèves et étudiants, qui n'ont pas d'espace de pratique gratuit et sûr. • Les filles et les jeunes femmes en priorité : le volley est l'un des rares sports que leurs familles acceptent facilement, mais elles n'ont pas où jouer. • Les clubs et athlètes de haut niveau, y compris des internationales U18, qui s'entraînent dans des conditions dangereuses. • Les écoles et quartiers des régions, éloignés des rares installations de Dakar.
Comment savez-vous que ce problème existe ?
Je le vis chaque semaine. Comme président de la section volley de l'EPT et joueur en compétition, j'ai parcouru le Sénégal pour les championnats et représenté le pays au tournoi Sénégambie. Partout, le constat est le même : on joue où on peut, comme on peut.
Décrivez les données, observations de terrain, témoignages, recherches ou expériences qui vous permettent de l’identifier.
• À l'EPT, à Thiès : faute de terrain, nous attachons un filet entre deux arbres dans un jardin, avec les risques de blessure que cela comporte. Pourtant, notre équipe masculine est 4e du Sénégal. • À Rufisque : nos joueuses, qui forment la moitié de l'équipe nationale féminine U18, s'entraînent entre deux murs, sur un terrain dégradé. • En Gambie (tournoi Sénégambie) : j'ai joué sur un terrain dont le revêtement était fait de plastique. C'est la preuve qu'une solution simple et recyclée est possible dans notre région.
Décrivez votre solution en 5 lignes maximum. (Que faites-vous ? Comment ? Pour qui ? Avec quels partenaires ?)
Filet Vert transforme le plastique collecté en terrains de volley-ball gratuits, implantés dans des écoles et des universités. Chaque terrain a un sol en dalles de plastique recyclé, des bancs recyclés, une ceinture verte de plantes locales, des poubelles de tri et des fresques de sensibilisation. Partenaires visés : l'EPT, Proplast Industrie (recyclage, Thiès), la Fédération sénégalaise de volley-ball et des sponsors comme la Fondation Sonatel.
En quoi votre approche est-elle innovante ou différente de ce qui existe déjà ?
• Un terrain qui éduque par l'action : l'écologie ne s'apprend pas sur une affiche, mais en arrosant les plantes, en triant et en nettoyant avant et après chaque séance. C'est un rituel simple, porté par les jeunes eux-mêmes. • Le volley comme porte d'entrée pour les filles : un sport sans contact, que les familles acceptent, placé dans un lieu sûr (l'école) et gratuit. • Le « ticket plastique » : on ne paie pas pour jouer, on apporte des déchets. Chaque match nourrit une économie circulaire locale, et l'infrastructure se finance en partie grâce à sa propre utilisation. Le sol lui-même est fait de dalles clipsables en plastique recyclé : sans béton, drainantes, démontables et réutilisables. Ce type de revêtement existe déjà, par exemple chez VersaCourt, qui fabrique ses terrains avec du polypropylène recyclé issu de plastique récupéré en mer (Clean the Sky). • Un modèle sobre en eau, pensé pour le Sahel : plantes locales résistantes à la sécheresse, récupération de l'eau de pluie, balayage plutôt que lavage. • L'impact mesuré en temps réel : nous avons déjà développé EPT Volley Stats, une application de résultats en direct. Nous l'étendons pour suivre la fréquentation, la part de filles et les kilos de plastique collectés par terrain. • Un modèle duplicable : un cahier des charges unique (école ou université), reproductible dans les 14 régions.
Depuis combien de temps votre initiative existe-t-elle ?
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Quels résultats avez-vous déjà obtenus ?
• 2025 : relance de la section volley de l'EPT, en fédérant des joueurs du CNEPS et des jeunes de Thiès. • Performance : notre équipe masculine est 4e du Sénégal, et la moitié de l'équipe nationale féminine U18 est issue de notre club. • International : nous avons représenté le Sénégal au tournoi Sénégambie, parmi les deux meilleures équipes du pays. • Tout cela sans terrain dédié. Avec Filet Vert, nous voulons montrer ce que ces jeunes peuvent accomplir quand on leur donne un vrai lieu de pratique.
À quels Objectifs de développement durable (ODD) votre initiative contribue-t-elle et comment ?
Filet Vert couvre les trois axes du challenge à la fois : inclusion, sport vert et cohésion. ODD 3 – Bonne santé et bien-être Pratique régulière et gratuite pour les jeunes 4 – Éducation de qualité Terrains dans les écoles, éducation à l'environnement par la pratique 5 – Égalité entre les sexes Volley sport sans contact, créneaux réservés aux filles, capitaines filles Part de filles parmi les joueurs (objectif : au moins 50 %) 11 – Villes et communautés durables Espaces publics sûrs, verts et gratuits 12 – Consommation et production responsables « Ticket plastique », sol en dalles et bancs en plastique recyclé 13 – Lutte contre le changement climatique Plantations, gestion sobre de l'eau, sensibilisation Nombre de plantes entretenues, litres d'eau de pluie récupérés
Qui compose votre équipe et quelles sont les principales responsabilités de chacun ?
Mohamed Aminou Niang Fondateur et coordinateur Pilotage, partenariats, pitch ; Ndeye Maguette Sene Responsable sportive et section féminine Créneaux filles, lien avec les joueuses U18, animation des séances Cheikhna Ahmad Tidiane Diallo Responsable environnement et collecte Ticket plastique, lien avec le recycleur, plantations Ndeye Madjiguène Mbaye Trésorière et suivi d'impact Budget, indicateurs, rapports aux partenaires
Quels partenaires, organisations ou acteurs locaux sont déjà impliqués ou pourraient l’être ?
Section volley-ball de l'EPT : Impliquée Porteuse du projet, joueurs, encadrement École Polytechnique de Thiès : Impliquée Site du terrain universitaire, appui institutionnel CNEPS Thiès: Impliqué Lieu d'entraînement actuel Expertise sportive, joueurs Proplast Industrie (Thiès) : Ciblé Collecte du plastique ; étude pour transformer ce plastique en dalles et en bancs École de Thiès à définir : Ciblée Site du terrain scolaire, élèves capitaines verts Fédération sénégalaise de volley-ball : Impliquée Détection des talents, compétitions, accès au programme FIVB Volleyball Empowerment FIVB Volleyball Empowerment: Ciblé (via la fédération) Matériel et filets, comme en Gambie (170 000 CHF investis) Fondation Sonatel : Ciblée Sponsor qui donne son nom aux terrains, financement de l'entretien Programme « En route pour les JOJ Dakar 2026 » (Ambassade de France, COJOJ, CNOSS): Ciblé Volet « sport, éducation et inclusion des jeunes » Mairie de Thiès: Ciblée Autorisations, extension vers des espaces publics
En quoi votre initiative peut-elle contribuer à l’héritage social, environnemental ou économique des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 ?
Les JOJ durent deux semaines. Un terrain dure des années. Filet Vert transforme l'élan olympique en lieux concrets, dans les quartiers et les régions. • Héritage social : des terrains gratuits, dans des lieux sûrs, où les filles jouent autant que les garçons. Nos jeunes capitaines verts apprennent à gérer un espace commun et deviennent des leaders dans leur quartier. • Héritage environnemental : chaque terrain détourne du plastique des rues et des plages, crée un îlot de verdure et diffuse les bons gestes à chaque match. • Héritage économique : la collecte et la transformation du plastique se font localement, avec des recycleurs sénégalais. Elles créent de l'activité et du travail pour des jeunes entraîneurs. • Héritage sportif : plus de lieux de pratique, c'est plus de talents détectés. Les joueuses U18 d'aujourd'hui sont les olympiennes de demain.
Selon vous, comment le sport peut-il devenir une infrastructure durable au service d’un développement plus inclusif, plus résilient et porté par les communautés au Sénégal, pendant Dakar 2026 et bien après les Jeux ?
Selon nous, le sport devient une infrastructure durable quand il cesse d'être un équipement livré d'en haut. Il doit devenir un bien commun que les communautés possèdent, entretiennent et font vivre. Cela suppose trois conditions, et deux temps : pendant les Jeux, puis après. 1. Plus inclusif : rapprocher le sport de ceux qui en sont exclus. Il faut des terrains gratuits et proches, dans les régions et pas seulement à Dakar, dans des lieux sûrs comme les écoles. Il faut aussi des disciplines que les familles acceptent pour leurs filles. Le volley, sans contact, est une porte d'entrée idéale, renforcée par des créneaux et des capitaines filles. 2. Plus résilient : construire sobre, local et réparable. Des dalles en plastique recyclé démontables plutôt que du béton, des plantes résistantes à la sécheresse et de l'eau de pluie plutôt que de l'eau potable. Un entretien financé par plusieurs sources (sponsoring, tournois, valorisation du plastique), pour ne pas dépendre d'une seule subvention. 3. Porté par les communautés : confier les clés aux jeunes. Chaque terrain a un comité de gestion (école ou association, avec des élèves). Les jeunes, formés comme « capitaines verts », arrosent, trient, nettoient et organisent les matchs. Celui qui entretient le terrain le protège. 4. Pendant Dakar 2026 : transformer l'enthousiasme en engagement. Profiter de la visibilité des Jeux pour lancer la collecte de plastique comme geste citoyen, recruter les premiers capitaines verts et montrer qu'un JOJ peut aussi se vivre dans son quartier. 5. Après les Jeux : mesurer, puis dupliquer. Suivre les indicateurs en temps réel (fréquentation, part de filles, kilos de plastique) et appliquer un cahier des charges unique. Après le pilote de Thiès, nous visons une école et une université par région, soit 28 terrains dans les 14 régions. Chaque terrain devient aussi un lieu de détection des talents et de compétitions locales. Le stade fait rêver pendant deux semaines ; le terrain de quartier forme une génération. C'est ainsi que le sport devient un service de proximité, comme une bibliothèque ou une fontaine, porté par ceux qui l'utilisent, bien au-delà des Jeux.
